Allauch dans l’histoire
La Préhistoire allaudienne
Chez les Grecs
Le territoire d’Allauch est occupé par l’homme depuis la préhistoire comme l’attestent les sites de la Montade, du Pilon du Roy et de la Baume Sourne. De nombreux historiens ont situé à Allauch le chef-lieu d’une peuplade ligure, les Comans, établie avant l’arrivée des Phocéens dans le Lacydon, vers 600 avant Jésus-Christ. De là à penser que Protis, leur capitaine, fut choisi par une Allaudienne, Gyptis, fille du roi Nann, pour fonder la colonie grecque de Massalia, il n’y a qu’un pas à franchir. Le massif d’Allauch a aussi accueilli plusieurs villages fortifiés celto-ligures avant que le territoire ne passe sous influence grecque après la fondation de Marseille au VIe siècle avant Jésus-Christ. Le territoire allaudien prospère sous domination romaine avec l’implantation de plusieurs villae, des domaines agricoles.
Chez les Romains
Il est émis l’hypothèse selon laquelle l’oppidum des « Ségobriges », où vivait la tribu des Comans, était situé sur le Mont Rodinaccus (colline de Notre-Dame du Château). L’époque Gallo-Romaine ne nous a livré que deux inscriptions funéraires. C’est peu certes, mais en contre-partie, les nombreux vestiges romains découverts par le Comte Gerin-Ricard et plus tard par L.M. Blanc sur le Mont Rodinaccus sont suffisants pour affirmer que notre contrée connaît, sinon un groupement humain important, tout au moins des domaines ruraux. Le nom de notre commune pourrait dater de cette période. Selon cette hypothèse, le nom « Allauch » découlerait d’une propriété terrienne appartenant à un Gallo-Romain surnommé « Alaudius », mot tiré du latin « Alauda » (alouette).
Les femmes d’Allauch
Jusqu’à la fin du Xème siècle, l’histoire d’Allauch est jalonnée d’histoires de femmes :
- La légende de Gyptis.
- Les religieuses de Saint-Cassien, dont le monastère était installé à Sainte-Euphémie.
- La Montadienne, dont le crâne fut trépané avec réussite, datant de 4 000 ans, retrouvée au lieu-dit la Montade à Plan-de-Cuques.
- Les « Masco d’Alau », surnom dont étaient affublées, après la peste de 1720, les paysannes allaudiennes se rendant au marché de Marseille. Elles étaient alors chassées par les Marseillaises, huées aux cris de « hou, hou, les sorcières, les Masco d’Alau ».
Depuis le Haut Moyen-Âge
Au Moyen-Âge, la « ville haute » passe des vicomtes de Marseille aux évêques. C’est en 1122 qu’Allauch devient propriété des 13 Chanoines de la Cathédrale Major de Marseille, constitués en Chapitre. Entre 1141 et 1148, ils y font construire un castrum, à la fois château et village fortifié, sur le Mont Rodinaccus avec portes et remparts. Il s’agit de la véritable fondation d’Allauch. Tout naturellement une église fut érigée, qui devint Notre-Dame du Château, lieu de pèlerinage où l’on allait demander des grâces à la Vierge (d’où la présence des ex-voto depuis le XVIIème siècle). C’est au XVème siècle, pendant les guerres de religion et la dictature de Casaulx, que les Allaudiens s’installent au pied de la colline, abandonnant le castrum qui est démantelé en 1595 à l’exception de sa chapelle : Notre-Dame du Château.
1789 vit la fin de la seigneurie du Chapitre après sept siècles de règne sur Allauch. En 1791, Allauch sera à nouveau réunie au district de Marseille en la distrayant de celui d’Aix, ce qui rétablit la situation administrative d’il y a dix-huit siècles. Tout au long du XIXème siècle, Allauch décline. Sa population diminue. L’agriculture et l’élevage stagnent comme stagnent les productions de plâtre et de craie, extraites selon des méthodes artisanales, par des ouvriers en majorité Piémontais.
Premier pas vers la redynamisation de la ville
Le Canal de Marseille, le tramways électrique et l’administration Brunet
La construction du Canal de Marseille amorce un premier redressement avec l’arrivée de l’eau courante à Plan-de-Cuques en 1873 et à Allauch en 1888. La mise en service des lignes de tramways électriques reliant Marseille à Plan-de-Cuques en 1902 et à la Bourdonnière et Allauch, via la Pounche en 1908, marquera la fin de l’isolement et la confirmation d’une nouvelle prospérité à venir. En 1914, Allauch paie un lourd tribut à la guerre. Plus de cent de ses enfants parmi lesquels le Député Maire Frédéric Chevillon, tombé aux Eparges à 36 ans, ne reviendront plus au pays. Mais la modernisation se poursuit sous la longue et sage administration du Docteur Louis Brunet de 1929 à 1967, interrompue par la défaite et l’occupation étrangère.
Plan-de-Cuques et Allauch : de la séparation à la sororité
En 1937, le quartier du Plan-de-Cuques, qui faisait partie intégrante du territoire d’Allauch, devient une commune autonome. C’est l’opposition d’intérêts économiques et la différence de niveau social entre les agriculteurs qui provoquèrent la scission. En effet, les paysans de Plan-de-Cuques, dont les terres étaient fertilisées par les eaux du canal, estimaient ne plus avoir à payer les équipements dont bénéficiaient les paysans pauvres d’Allauch qui possédaient des terres devenues « au sec ». Cette opposition était basée sur une vieille querelle entre les deux bourgs, dont les origines remontent au XVIIIème siècle.
Allauch est enfin libérée du 20 au 26 août 1944 à la suite de la jonction, dans le Garlaban, des éléments avancés du 7ème Régiment de Tirailleurs Algériens sous les ordres du Général de Montsabert avec les Forces Françaises de l’Intérieur du maquis d’Allauch. Le décret du 25 mars 1966 classe Allauch parmi les communes urbaines et celui du 16 août 1973 l’élève au rang de chef-lieu du canton regroupant les deux communes soeurs, Allauch et Plan-de-Cuques.
De la Révolution française à nos jours
À la Révolution Française, les chanoines sont dépossédés de leur seigneurie. Au XIXème siècle, Allauch demeure une commune rurale à l’écart du développement industriel marseillais. Au tournant du XXème siècle, Allauch devient une petite ville avec l’arrivée de l’eau courante, d’une usine électrique et du tramway de Marseille. De nombreux peintres fréquentent alors le village qui est un pôle artistique. Après les troubles des deux guerres mondiales, Allauch continue de se moderniser sans perdre son charme de village provençal.